Pas un jour sans que les médias aient à évoquer l’action du ministre de l’Intérieur depuis le 21 septembre 2024, Bruno Retailleau, qui aura 64 ans le 20 novembre.
Cette semaine, cette publication comporte quatre parties :
- Un édito, sur l’activisme de Bruno Retailleau ;
- Un rappel des sites d’information de L’Essor
- Cinq informations sélectionnées sur l’actualité des polices municipales (partie réservée à nos souscripteurs)
- Quelques informations importantes concernant l’ensemble des personnels de la sécurité intérieure (réservées à nos souscripteurs)
Pas un jour, depuis sa nomination le 21 septembre 2024, sans que les médias aient à évoquer l’action du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui aura 64 ans le 20 novembre.
Aujourd’hui, au Conseil des ministres, c’est sur la proposition de Bruno Retailleau que vennent d’être désignés les nouveaux directeurs généraux de la Gendarmerie et de la Police nationale. Ils succèdent respectivement au général Christian Rodriguez (DGGN) et à Frédéric Veaux (DGPN), tous deux partis en retraite fin septembre.
S’agissant de l’Arme, le général d’armée Hubert Bonneau, 57 ans, encore commandant de la région Bretagne, et ancien commandant duGIGN, cinq étoiles depuis ce jour, a été préféré à Xavier Ducept (commandant la région Ile-de-France), à Tony Mouchet (directeur des opérations et de l’emploi), et à Bruno Arviset (DRH de l’Arme).
S’agissant du nouveau directeur général de la Police, l'actuel préfet de l'Isère, Louis Laugier 59 ans, a été préféré à Alexandre Brugère, 37 ans, à l'ascension météorique. (Il était le directeur de cabinet de Gérald Darmanin à Beauvau et en est resté très proche. L'ancien ministre s'est d'ailleurs démené pour plaider sa cause auprès du chef de l’Etat. Nommé préfet en 2022, Alexandre Brugère a été titularisé fin septembre, au bout de deux ans comme prévu. Ses détracteurs faisaient valoir qu’il n'est pas policier et n'a jamais exercé la fonction de préfet, avant d’être parachuté par son mentor).
==> Il y a peu, aussi bien Hubert Bonneau que Louis Laugier, (tous deux de la même promotion de Saint-Cyr (86 - 89, “Général Jean Callies”), étaient pour ces postes des outsiders…
Une fois ces deux postes pourvus, des nominations en cascade devraient s'égrener jusqu'à la fin de l'année, comme celle du chef de l'Ofast, l'office dédié à la lutte contre le trafic de stupéfiants, un poste vacant depuis plus d'un mois, mais aussi nombre de nominations de préfets de départements et de région.
Demain 1er novembre, le ministre est attendu à Rennes, où un enfant de 5 ans a été grièvement blessé à la tête samedi dernier 26 octobre, par des tirs en lien avec un trafic de stupéfiants.
Le garçonnet a été blessé samedi à Pacé, une localité près de Rennes, alors que le père, “connu des services de police”, le conduisait chez la mère de l'enfant pour le mettre à l'abri, selon le procureur de la République de Rennes Frédéric Teillet. En quittant son domicile rennais, le père s'est aperçu qu'un véhicule dont les occupants étaient encagoulés le suivait. "Bien qu'il ait essayé de les semer, au moins l'un d'eux a ouvert le feu à plusieurs reprises sur son véhicule, touchant l'enfant à deux reprises à la tête", a expliqué lundi le procureur, qui a ouvert une enquête pour tentative d'homicide.
La CRS 82, spécialisée dans les violences urbaines, a été déployée dans la nuit de dimanche à lundi à Rennes à la demande du ministre de l'Intérieur. Nouveau préfet de Bretagne, Amaury de Saint-Quentin a précisé lundi que la CRS 82 resterait sur place durant quelques jours.
Depuis sa nomination place Beauvau, Bruno Retailleau répète à l'envi sa volonté d'ériger la lutte contre le narcobanditisme au rang de cause nationale et de reprendre nombre des propositions de la commission d’enquête sénatoriale sur ce sujet. Ce que la maire socialiste de Rennes, Nathalie Apperé, a réclamé d'ailleurs lundi, en plaidant pour la création d'un parquet national dédié.
Avant-hier 29 octobre, alors que le ministre accompagnait le Président de la république Emmanuel Macron lors de sa visite d’Etat au Maroc - où la question de la coopération entre les deux pays en matière de contrôle de l’immigration était au menu des entretiens officiels - son cabinet, dans une lettre circulaire adressée aux préfets, leur demandait une "complète mobilisation" afin de "renforcer le pilotage de la politique migratoire" et obtenir des “résultats”.
"L'obtention des résultats demandés par nos concitoyens exige votre complète mobilisation", écrit le ministre aux représentants de l'État, dans ce document de sept pages, qui donne aux préfets la marche à suivre, décidée par le nouveau locataire de la place Beauvau, en attendant une possible nouvelle loi sur l'immigration annoncée pour l'exécutif pour 2025. "Ces orientations visent tant les étrangers en situation régulière (...) que ceux en situation irrégulière, pour ce qui concerne le maintien en rétention administrative et les mesures et dispositifs de suivi à mettre en place lorsque les possibilités de recourir à cette dernière sont épuisées", écrit le ministre. "Elles visent, avant et surtout, une mobilisation orientée vers les résultats", demande Bruno Retailleau.
Le ministre liste dans la circulaire une série de mesures destinées par exemple à "amplifier" et "systématiser" les mesures d'éloignement visant les étrangers susceptibles de présenter des menaces à l'ordre public en France.
Ces orientations ne doivent pas se "limiter aux flux de situations nouvelles", mais doivent "porter sur les dossiers qui n'avaient pu, par le passé, faire l'objet de mesures appropriées, désormais rendues possibles" par la loi Darmanin promulguée début 2024.
Soucieux d'utiliser toutes les dispositions ouvertes par la loi immigration du précédent ministre, Bruno Retailleau veut par exemple que les préfets mobilisent "pleinement le levier de l'interdiction de retour en complément de l'OQTF (obligation de quitter le territoire français)", "lorsqu'un arrêt d'expulsion n'est pas juridiquement valable". Pour mener à bien cette politique, le ministre demande aux préfets d'abonder "en ressources humaines, matérielles et budgétaires" les services des étrangers afin d'absorber la charge de travail supplémentaire. Il souhaite également "chaque mois des réponses exhaustives" sur l'activité de police des étrangers de chaque préfecture.
La circulaire insiste par ailleurs sur la situation des étrangers sortants de prison, quelques semaines après le viol et le meurtre d'une étudiante parisienne, Philippine, par un Marocain visé par une OQTF. Ainsi parmi le rappel des mesures déjà existantes, la circulaire ordonne aux préfets de "systématiquement faire appel" après la remise en liberté d'un étranger potentiellement dangereux décidée par un magistrat.
==> À ce jour, et depuis six semaines, en termes d’annonces et de communication, d’interventions et d’engagements, Bruno Retailleau s’efforce de faire mieux que son prédécesseur, Gérald Darmanin, 42 ans, désormais occupé à préparer sa candidature pour 2027 (un Club de réflexion, “Populaires !”, lancé hier, à Paris ; un livre annoncé pour le printemps 2025 ; un voyage en corse, à Calvi, le 2 novembre…).
Il sera jugé sur ses résultats.
En matière de sécurité publique générale, une note qui vient d’être publiée, nous donne un état des lieux au 30 juin 2024. Deux faits saillants : tentatives d'homicide + 11% par rapport à la période des douze mois précédents ; progression inquiétante de la délinquance dans les départements de la Guadeloupe, à Mayotte et en Guyane…
Conclusion
Place Beauvau, la volonté politique existe. C’est déjà ça.
Compte tenu de la situation budgétaire alarmante, il ne faut pas s’attendre à beaucoup de nouveaux moyens. Tenir les engagements de la Lopmi, du 23 janvier 2023 sera un grand maximum possible.
Il faut donc compter sur la mobilisation des effectifs, sur l’application stricte des pouvoirs réglementaires, et sur l’amélioration des autres politiques publiques, qui ne sont pas de la compétence du ministre de l’Intérieur : la situation extérieure, la coopération avec les pays d’émigration, l’éducation nationale, la justice, la politique de la ville, l’intégration des jeunes d’origine étrangère…
Tant il est vrai que la sécurité générale des citoyens devrait être la première des grandes causes nationales. Plus importante encore que la santé mentale, déclarée grande cause nationale pour 2025, par le Premier ministre Michel Barnier, le 1er octobre dernier, à la tribune de l’Assemblée nationale, lors de son discours de politique générale.
Alain Dumait (avec l’AFP)
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