Nous sommes le jeudi 30 mars 2023. Voici le n°47 de votre newsletter La Sécurité est un droit (Rue Bleue). (Prix au numéro : 0,75€),
La Sécurité est un droit, au-delà des personnels de toutes les forces de la Sécurité intérieure, s'adresse à un large public concerné par les questions de sécurité :élus locaux, responsables associatifs, citoyens engagés…
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En cherchant à en découdre systématiquement avec les forces de l'ordre, les black blocs, et autres Ultras, dénaturent les manifestations, oblitèrent les motivations de celles-ci et réduisent finalement leur impact, détourné vers un affrontement "violences illégitimes v/s violences légitimes", qui n'a plus rien à voir le débat d'origine…
L’une des causes de cette situation est sans doute d’ordre politique : quand le pouvoir suprême, celui du président de la République, dans un pays aussi centralisé que le nôtre, est contesté, non pas dans sa légalité, mais dans sa légitimité (nombreuses prises de parole dans ce sens du côté gauche de l’échiquier politique…), son autorité est affaiblie.Or, nous savons qu’Emmanuel Macron n’a été élu, au deuxième tour de l’élection présidentielle, le 24 avril 2022, qu’avec les voix de ses adversaires les plus déterminés, celles de la gauche, rassemblée au sein de la Nupes, au nom de son sacro-saint « barrage à l’extrême droite ». Toute élection à deux tours fragilise l’autorité du candidat qui l’emporte avec des voix d’électeurs qui ne le soutiendront pas au-delà du jour de ce scrutin.On peut penser que le gouvernement nommé par le président de la République serait moins contesté dans ses réformes, si le mode de scrutin avait été différent. Le général De Gaulle le souhaitait d’ailleurs en 1958, mais il dut s’incliner sur ce point devant les caciques de la IVème République, qui en faisaient la condition de leur soutien à l’adoption de la nouvelle Constitution…Faire adopter une réforme difficile du système des retraites, quand on est combattu par des forces politiques qui ont contribué à votre élection est évidemment difficile !
D’autres causes expliquent bien sûr ces débordements de violences, aussi bien celles qui accompagnent les mobilisations intersyndicales, que celles provoquées par tout projet d’aménagement auquel les écologistes les plus radicaux sont opposés.
Il y a d’abord, depuis plus de quarante ans, la constitution d’une internationale anarchiste, qualifiée « d’ultra-gauche », forte sans doute de 10.000 personnes à travers le monde, qui, depuis ses premières manifestations à Berlin au début des années 80, s’est manifestée une cinquantaine de fois, dont une dizaine en France (Evian, Poitiers, Nantes, Rennes, Nantes…), à Paris (2019, 2021, 21 mars 2023…) et samedi dernier à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, où quelque 1.500 manifestants violents sont allés au contact des gendarmes mobiles (les autres manifestants demeurant en retrait).Il y a ensuite l’incapacité des organisateurs des manifestations à assurer le bon déroulement de celles-ci.
Il est loin le temps où les « gros-bras » de la CGT garantissaient, jusqu’à l’ordre de dispersion, le bon ordre de tout défilé ! Aujourd’hui, ceux qui appellent à manifester imputent à la police la responsabilité de leur bon déroulement !
Ces débordements, qui tournent à l’émeute, sont inadmissibles. Mais que faire ?Une loi du 10 avril 2019 - prise en réaction aux incidents autour de la manifestation du 1er mai 2018 - a déjà renforcé les possibilités de mesures préventives ainsi que les sanctions à l’égard des personnes susceptibles de participer à des actions violentes. D’autres lois ? Pourquoi pas, mais, dans le contexte politique actuel, elles susciteront de nouveaux débats enflammés, d’autres oppositions, d’autres violences.Car prévenir l’action de ces groupes autonomes de type black-bloc suppose des moyens de surveillance très renforcés.
Quand on visite l’exposition proposée actuellement par le Musée de la Gendarmerie, « Veiller sur la Cité », on est frappé par l’importance de la surveillance exercée sur la population par les forces de sécurité en général, et par la Gendarmerie en particulier, depuis des temps très anciens.L’augmentation « vertigineuse » de la surveillance au 18e siècle (selon un contemporain de Montesquieu) n’empêcha pas la Révolution. Période d’ailleurs marquée par une surveillance encore renforcée.
Napoléon dit un jour à son ministre de la police, le très renseigné Joseph Fouché : « je ne suis instruit que par elle (la Gendarmerie), positivement et nettement, de ce qui se passe en France ». Les pays aux régimes les plus autoritaires sont ceux qui poussent le plus loin la surveillance de leurs populations. Actuellement la Chine vient en tête avec, dans chaque ville, ses millions de caméras de vidéosurveillance et, aujourd’hui, ses techniques de reconnaissance faciale. La France, avec plus de 60.000 caméras de vidéosurveillance sur les espaces publics, réparties dans 6.000 communes, n’est pas mal placée, sur ce critère.
Mais la surveillance par les images ne peut suffire : il faut écouter, se renseigner, enquêter pour prévenir, par exemple les mobilisations des black-blocs, afin d’empêcher leurs déplacements et leurs rassemblements. Et aller dans ce sens conduit à limiter les libertés fondamentales du plus grand nombre.
Mieux surveiller devient une nécessité. Dans l'intérêt de l’ordre public. Mais préserver, dans ce contexte, les libertés individuelles sera une autre priorité, difficile à satisfaire pour tous.
Alain Dumait
"Veiller sur la Cité"
🟥 L'Exposition "veiller sur la Cité", jusqu'au 18 juin, au Musée de la Gendarmerie à Melun, permet de mettre en perspective historique les nécessités et les contraintes du maintien de sécurité générale et de l'ordre public.
Cette exposition temporaire s’articule autour de cinq actions fondamentales : surveiller, renseigner, faire respecter la loi, protéger et secourir. Ainsi découpée en cinq parties, elle propose aux visiteurs une véritable immersion à travers les différentes facettes des missions des gendarmes.
Le parcours débute avec la surveillance, mission originelle qui invite les visiteurs à ouvrir grand les yeux. Socle de tout travail du gendarme, la surveillance permet de recueillir des renseignements.
La mission de renseigner, qui fait l’objet de la deuxième salle, est indissociable du gendarme. Une fois collecté, le renseignement est diffusé instantanément en interne afin d’y être exploité, puis transmis aux différentes institutions concernées.
Le parcours se poursuit par l’action la plus médiatisée, celle de faire respecter la loi. Cette action recouvre trois domaines : la police sur la route, la police judiciaire et le maintien de l’ordre.
Toutes ces actions convergent vers un seul et même objectif, qui est la mission principale de la Gendarmerie nationale : protéger les personnes et les biens. Protéger implique également de secourir quand cela est nécessaire.
En conclusion, les visiteurs pourront découvrir une cinquième et dernière salle, dans laquelle sont mises en lumière les valeurs et les traditions qui animent et soutiennent l’action des gendarmes.
(Félicitations à la Direction du Musée pour la qualité des documents présentés et leur mise en valeur !)
La question de la semaine
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