Kessel

La réponse pénale sera toujours insuffisante pour réduire l'insécurité générale

Poursuivre, arrêter puis juger les délinquants et les criminels est une nécessité. mais ça ne peut pas être la seule réponse aux causes profondes des désordres sociaux.

Nous sommes le jeudi 7 septembre 2023. 
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Madame, monsieur, 
Cette publication, associée à L'Essor de la Gendarmerie (c'est la même société éditrice) comporte trois parties.
Vous y trouvez, cette semaine :

- D’abord, un message à tous les destinataires de cette publication.
- Puis un court éditorial, aujourd'hui sur le rapport entre réponse pénale et politique de sécurité générale.
- Puis quelques informations importantes et significatives.
Bonne lecture !
(Et à la semaine prochaine…)

Tout d'abord, un message d'explication pour tous les destinataires de cette publication
Beaucoup d'entre vous savent que cette publication hebdomadaire est éditée par la société qui publie par ailleurs L'Essor de la Gendarmerie. Mais les deux sont indépendantes, avec deux agréments distincts de la CPPAP (Commission paritaires des publications et agences de presse).
Pas plus tard que dimanche dernier 3 septembre, M. F.D. m'a interrogé :
- " J'ai beau être abonné à L'Essor, je ne parviens pas à ouvrir complètement les messages de Rue Bleue"...
- Ma réponse : "Votre abonnement à notre magazine L'Essor vous permet de recevoir, chaque mois, votre exemplaire papier + un exemplaire numérique (liseuse). Il vous permet d’accéder à tous les articles du site
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Comme beaucoup de lecteurs sont dans ce cas, je me suis permis de reproduire cet échange.

Rue Bleue est donc une publication indépendante, sans publicité (ou presque), qui vise un large public : qui est directement concerné par les questions de sécurité publique. Elle ne peut vivre que des recettes de ses abonnés.
J'ai décidé de revoir le tarif de ces abonnements : 

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Ensuite, mon édito de la semaine 

La réponse pénale - évidemment nécessaire - sera toujours insuffisante pour réduire l'insécurité générale

Un délit est-il constaté (353.600 coups et blessures volontaires en 2022 enregistrés par la Police et la Gendarmerie, +15%), un crime est-il commis ? (959 homicides recensés en 2022, +9%). On peut être à peu près certain qu'un homme politique, élu local ou membre du gouvernement, prendra la parole pour dire : "ce délit (ou ce crime) ne restera pas impuni !". Qui pourrait d'ailleurs dire le contraire ?...

A noter que le taux d'élucidation des crimes et délits est très variable selon la catégorie de ces faits : près de 80%, au bout d'un an, pour les crimes, un peu plus de 70% pour les atteintes aux personnes, mais 8% seulement pour les cambriolages…

Ces statistiques ne s'appliquent qu'aux cas individuels. S'agissant des phénomènes collectifs, "de foule" (si bien analysés par Gustave Le Bon…), la réponse pénale est évidemment autrement plus difficile !
Pour ce qui est des émeutes qui ont marqué la fin du mois de juin dernier, et le début de celui de juillet,
le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, a pu annoncer sur RTL : "Au 1er août, "2.107 personnes ont été jugées, 1.989 ont été condamnées dont 1.787 ont été condamnées à une peine d'emprisonnement". Quatre-vingt-dix pour cent des personnes condamnées l'ont été à des peines de prison, a-t-il précisé. Une statistique importante, rapportée au nombre d'interpellations. Selon le ministère de l'Intérieur, près de 4.000 personnes ont été interpellées à l'issue des huit nuits d'émeutes.
Pour
le ministre de l'Intérieur, "entre 8.000 et 12.000 personnes" auraient participé aux émeutes. Pour l’ex-directeur général de la DGSE, Pierre Brochand, ce nombre serait plutôt compris entre 100.000 et 200.000… (chiffre est établi "très approximativement", avec une "estimation au doigt mouillé").

Entendant les propos du Garde des sceaux, le maire de Montargis, Benoît Digeon, dont la ville de 15.000 habitants a été saccagée à l'occasion de ces émeutes, faisait remarquer que, s'agissant de sa ville, à ce jour, une seule personne avait été interpellée..

Dans tous les cas, s'agissant de phénomènes de grande ampleur, la réponse pénale sera toujours faible ! Et de toute façon, si elle punit, en stricte application de notre code pénal, mais ne résout en rien les causes à l'origine de ces manifestations. 

L'adage dit "mieux vaut prévenir que guérir". Ce principe de base de la médecine chinoise s'applique parfaitement à la vie en société.
C'est d'ailleurs ce que fait le gouvernement dans beaucoup d'occasions.
Pour assurer la sécurité de la Coupe du monde de Rugby, qui commence demain 8 septembre, il a été élaboré
un plan très complet qui devrait permettre à la compétition de bien se dérouler.😇
Mais, quand il s'agit de phénomènes de société, lourds, bien ancrés dans la réalité quotidienne ( trafics de drogue, prostitution, alcoolisme, violences intra-familiales, conduites de véhicules sans permis… La liste est longue!...), nos gouvernements semblent désarmés. Non pas qu'ils n'y ait pas de solutions, mais parce que celles-ci sont difficiles, nécessitent des moyens, et, plus grave encore, exigent des changements de pieds, des retournements, des tête-à-queue intellectuels.
A titre individuel, de tels changements se font naturellement au cours d'une vie. On change de goût, de comportement, d'habitudes.. On renie parfois ce qu'on avait adoré… On arrête de boire ou de fumer…
Mais les changements collectifs sont beaucoup plus difficiles. D'où l'intérêt de la décentralisation des décisions, qui permet la multiplication des expérimentations.
D'où la nécessité de voir ailleurs comment les problèmes, qui sont les mêmes que les nôtres, ont été traités, et parfois mieux résolus.

En ce qui concerne la sécurité, droit fondamental de tout individu, nous pensons ici que c'est la police de proximité, résidentielle, placée sous l'autorité des élus locaux, complémentairement à la Police nationale et la Gendarmerie, pour le judiciaire et le maintien de l'ordre, qui est la bonne solution, sur le terrain, au plus près des populations. 

Alain Dumait

Ensuite, voici d’abord trois informations mises en avant :

🟥 Nouveau suicide d'un policier
Un policier s'est suicidé dans la nuit de dimanche à lundi dans son commissariat de Dijon, a-t-on appris de sources concordantes. Le corps de l'officier de police judiciaire a été retrouvé peu avant 3h00, lundi 4 septembre, dans les locaux du commissariat de Dijon, a indiqué une source policière syndicale. Interrogé, un délégué syndical n'a pas voulu confirmer des informations de la presse locale selon lesquelles le policier aurait utilisé son arme de service. Depuis le début de l'année, 23 policiers se sont suicidés.
🟥 Extension du siège d'Interpol, à Lyon
L'Etat, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Métropole et la Ville de Lyon ont fini par tomber d'accord sur le financement de ce projet immobilier en discussion depuis 2015 pour un coût initial de 50 millions d'euros, a confirmé à l'AFP une source à la Métropole de Lyon sans préciser l'enveloppe finale du chantier.
🟥Affaire Traoré : non lieu pour les gendarmes et nouvel appel de la famille
Un épilogue, au moins provisoire, pour l'un des dossiers judiciaires français les plus sensibles : les gendarmes auteurs de l'interpellation à la suite de laquelle Adama Traoré est mort à l'été 2016 ont bénéficié d'un non-lieu dont la famille a immédiatement annoncé faire appel. Cette décision, apprise vendredi 1er septembre par l'AFP auprès des avocats des deux camps, met pour l'instant un terme à une enquête houleuse, centrée sur des expertises médicales contradictoires.

Et enfin, quelques informations importantes, en bref (avec liens)

Police nationale
🟥 L'ex-patron du renseignement intérieur Bernard Squarcini sera jugé en correctionnelle à Paris, soupçonné d'avoir profité de ses réseaux policiers pour obtenir informations confidentielles et privilèges au bénéfice d'intérêts privés, notamment du patron de LVMH Bernard Arnault.
🟥 Deux policiers de la Brav-M sont renvoyés devant le tribunal correctionnel pour des violences et menaces à l'encontre d'un étudiant tchadien lors d'une manifestation en mars à Paris, a appris mardi 5 septembre l'AFP, du parquet de Bobigny. Les deux gardiens de la paix seront jugés le 7 mars 2024 pour des faits de violences par personne dépositaire de l'autorité publique et menaces de violences réitérées "à l'exclusion de toute autre infraction ou circonstance aggravante" sur l'étudiant tchadien Souleyman Adoum Souleyman, a précisé le parquet. Dans la nuit du 20 au 21 mars, des membres de la Brav-M (Brigade de répression de l'action violente motorisée) ont interpellé sept jeunes manifestants soupçonnés d'avoir pris part à des dégradations dans un cortège sauvage dans le centre de Paris. L'un des interpellés avait alors discrètement enregistré les échanges avec les policiers, où l'on entendait ces derniers proférer des menaces et des propos humiliants.
🟥 Le policier marseillais auteur du tir de LBD qui aurait grièvement blessé Hedi, 22 ans, en marge des émeutes à Marseille début juillet, a été remis en liberté vendredi 1er septembre, quarante jours après son placement en détention provisoire. 

Féminicide
🟥 Recherché depuis jeudi, l'ancien mari d'une policière tuée en pleine rue avec une "arme de type machette" dans un village de Savoie a été interpellé vendredi matin 1er septembre et placé en garde à vue."Il vient d'être interpellé à 10h10 ce matin" à Arvillard, une commune proche de La Croix-de-la-Rochette, où s'étaient déroulés les faits, a indiqué le procureur de Chambéry Pierre-Yves Michau. “Il a été interpellé à proximité immédiate de son véhicule. Il n'y a pas eu de difficultés", a-t-il précisé. Selon une source proche de l'enquête, le suspect a été interpellé par des gendarmes du Psis (peloton de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie) dans le cadre d'un dispositif de recherches piloté par le GIGN. Le meurtre de la policière, âgée de 42 ans, s'était produit jeudi matin sur la voie publique alors qu'elle était hors service. La victime venait de déposer l'un de ses enfants à la crèche du village de La Croix-de-la-Rochette, près de Chambéry, où elle résidait, et rentrait à son domicile à pied, accompagnée de son fils de 3 ans.
Le nombre de féminicides a augmenté de 20% en France en 2021 par rapport à l'année précédente, avec 122 femmes tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, selon les derniers chiffres disponibles du ministère de l'Intérieur.

Gendarmerie nationale
🟥 Un gendarme intendant du XV de France durant la Coupe du monde de rugby.

🟥 Un gendarme champion du monde militaire de karaté.

Trafic de drogues
🟥 Marseille. Selon le décompte de l'AFP, désormais une quarantaine de personnes ont été tuées sur fond de guerre de territoires entre trafiquants depuis le début de l'année, dont une dizaine pour le seul mois d'août, soit bien au delà des 31 morts par balles "liés aux stups" recensés par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône pour l'ensemble de 2022…

C'est tout pour aujourd'hui…
La lecture complète de ce numéro, aujourd'hui, est gratuite pour tous nos destinataires
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A la semaine prochaine.

"La Sécurité est un droit (Rue Bleue)"

Par nicolas leregle

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