Aujourd’hui, tout d’abord, je reviens sur l’intervention exceptionnelle de la Gendarmerie pour retrouver et interpeller le principal suspect de la mort d’Arnaud Blanc, tué par un voyou brésilien au cours d’une opération de lutte contre l’orpaillage clandestin dans la forêt amazonienne de la Guyane française.
Nous sommes le jeudi 13 avril 2023. Vous lisez ce numéro 49 de notre newsletter hebdomadaire “La Sécurité est un Droit - Rue Bleue” (0,75€ l’exemplaire)
A gauche, le jeune brésilien suspecté d'être l'auteur du meurtre du major Arnaud Blanc est interpellé sans violence. A droite l'hélicoptère qui l'a emmené à Cayenne, puis en Martinique pour être mis en garde à vue.
La Guyane est une région française très particulière…
… sans doute même la plus particulière !
À plus de 7.000 kilomètres de Paris, cette collectivité territoriale unique (à la fois région et département) depuis 2015, est aussi la seule entité territoriale continentale outre-mer.
En 1964, le général de Gaulle décide d’y installer, à Kourou, un centre spatial. Depuis lors, la population a été multipliée par 8, avec 300.000 habitants. Mais la Guyane reste, avec sa superficie de 84.000 kilomètres carrés, le département français à la plus faible densité démographique. Il faut dire que 97% de son territoire appartient à la forêt amazonienne. Elle est enclavée entre le Surinam à l’est, et le Brésil, sur 730 kilomètres, ce qui fait du Brésil le pays du monde ayant la plus grande frontière terrestre avec la France !Un poumon vert, partagé avec le Brésil
Une délinquance brésilienne envahissante
Sur la zone côtière de la Guyane, la seule peuplée, les gangs venus du Brésil font la loi sur l’espace public.
Pour y faire face, près de 1.000 gendarmes, départementaux et mobiles, sont présents. La plus forte proportion de présence gendarmique sur le territoire français après Mayotte. Surtout si on y ajoute les 2.300 personnels de la Défense, constituant les Forces armées en Guyane (FAG).
Il faut dire que la délinquance et la criminalité y atteignent de macabres record… Tout spécialement dans la forêt amazonienne, réputée riche en or, très recherché par les “garimpeiros”.
C’est au cours d’une opération de lutte contre ces orpailleurs clandestins que le maréchal des logis-chef Arnaud Blanc, (promu major à titre posthume), âgé de 35 ans et affecté à l’antenne GIGN (AGIGN) de Cayenne, a été tué, par arme à feu, par un élément d’une bande venue du Brésil (en hélicoptère, sic!) pour rançonner les chercheurs d’or clandestins déjà installés.Une opération coup de poing, massive, réussie, mais qui ne règle rien au fond, relativement à la situation générale de la Guyane…
Dès le 25 mars, avant même l’hommage rendu sur place à Cayenne, puis à Satory, sur la base même du GIGN central, sous la présidence d’Emmanuel Macron, la riposte de la Gendarmerie s’est mise en place et elle est montée immédiatement en puissance.
Aussi, le dimanche de Pâques, 9 avril, au lendemain de l’interpellation du suspect, le major général de la Gendarmerie, puis le commandant de la Gendarmerie en Guyane ont pu communiquer sur leurs comptes Linkedin.
Lessor.org a publié tous les détails de l’opération dès le lundi 10 avril.
Une nouvelle fois la Gendarmerie a apporté la preuve de sa capacité de mobilisation. Quand elle y met les moyens, sa capacité d’investigation est énorme. Tout comme celle de la Police d’ailleurs.
Mais, par contraste, en creux, on comprend facilement que de tels moyens ne peuvent pas être déployés pour chaque crime commis en Guyane : 47 homicides en 2022, (+51% d’une année sur l’autre), une dizaine sur les deux premiers mois de 2023, avec une criminalité majoritairement intra-familiale…
On n’ose extrapoler ces données sur les dix prochaines années. Aujourd’hui difficilement gérable, la situation deviendra bientôt probablement explosive…
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