Madame, Monsieur,
Nous sommes le jeudi 22 juin 2023. Vous lisez le numéro 58 de “La Sécurité est un Droit - Rue Bleue”: parce que vous figurez sur notre fichier d’envois. Vous la recevez sur votre boîte mail chaque jeudi. Si vous n'êtes pas encore souscripteur, c’est le moment de le faire ! C’est ici,
Cette semaine, nous commençons par l’édito, suivi de quelques informations sélectionnées et documentées, puis quelques informations brèves et significatives, et enfin, la suite d'un feuilleton : une affaire judiciaire exceptionnelle. (Une par mois, en quatre parties)
La “Question de la semaine” est en partie finale de cette lettre.
1- L'édito de la semaine :
La police de terrain (de proximité) peut faire baisser la délinquance plus surement que les enquêtes, les instructions et les condamnations !
Notre conviction profonde, fruit d’une certaine expérience personnelle, et de nombreuses observations, nous a poussé à positionner la ligne de cette publication sur le thème simple, mais majeur, de la police de proximité.
Les faits divers quotidiens qui alimentent les colonnes de tous les médias, avec leur lot de morts et de blessés, sont à nos yeux autant de scandales qui, très souvent, auraient pu être évités avec une police de proximité efficace, présente sur le terrain.
Et cela vaut aussi bien pour les simples incivilités que pour les trafics de drogue, où les guerre des gangs, qui se multiplient dans beaucoup d’agglomérations de notre pays.
S’agissant des incivilités, il suffit de visiter la ville de Genève, coté suisse du Lac Léman. Aucun papier par terre sur la voie publique, et pourtant très peu de corbeilles à papier. On dira : « les Suisses sont disciplinés ». Mais qui prétendra qu’ils sont génétiquement différents des Jurassiens français ? L’ordre règne car les règles sont respectées, et elles le sont car la police veille, avec des menaces de sanctions sévères et appliquées.
A partir de là, il faut évoquer la « théorie de la vitre cassée », développée par la police de l’Etat de New-York à partir de 1996, alors que plusieurs quartiers de la ville était devenus des coupes gorges. Son principe : si la vitre brisée d’un immeuble n’est pas réparée rapidement, toutes les autres carreaux s'en trouveront bientôt cassés à leur tour.
L’immeuble va se dégrader… Un squat va s’y installer… " La surveillance générale de la voie publique est une mission fondamentale des policiers de la préfecture de police, en vue d'assurer à Paris l'ordre et la sécurité des citoyens. L'îlotage est, à cet égard, l'une des techniques d'intervention susceptible de répondre à cette fonction. Elle suppose une motivation importante du personnel concerné impliquant le volontariat, ainsi qu'une sélection attentive. C'est aussi une méthode de travail qui a pour objectif de prévenir la délinquance par la présence et la disponibilité des gardiens de la paix affectés sur l'îlot". (Le ministre de l'Intérieur, 1992)
(C’est exactement ce qui se passe actuellement à Paris, dans le 16e arrondissement, rue Erlanger, dans une école publique désaffectée, où campent plus de 600 jeunes migrants, les mêmes qui ont brièvement planté leurs tentes place du Palais Royal, face au Conseil d’Etat, mardi soir 20 juin).
Si “les escaliers doivent être balayés en commençant par le haut” (Octave Gélinier), la sécurité publique générale doit commencer par le bas, sur le terrain !
La population le souhaite. Les élus sont d’accord à 80%. Même les socialistes, longtemps réticents s’y rallient. Le ministre, Gérald Darmanin le dit et le répète. Le directeur de la Gendarmerie nationale est sur cette ligne. Mais, du côté de la Police Nationale, on fait de la résistance.
Grands flics et hauts magistrats veulent privilégier les enquêtes, les instructions. Ils disent : « Quand la délinquance augmente, quand la criminalité explose, il faut augmenter les moyens de la police judiciaire», et ils soupçonnent le ministre de l’Intérieur de ne pas aller dans ce sens avec sa réforme tendant à placer sous l’autorité d’un directeur départemental la totalité des services de police déconcentrés.
Deux doctrines s’affrontent, sournoisement. Ceux qui veulent poursuivre les voleurs, et ceux qui veulent les décourager et si possible les faire disparaître.
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