Nous sommes le jeudi 26 janvier 2023. Voici le n°38 de votre newsletter Rue Bleue - Droit à la Sécurité. (Prix au numéro : 0,75€)
D’abord, l’édito de la semaine
Les mouvements migratoires doivent être pris en compte par toute réflexion prospective sur les questions de sécurité intérieure.
En effet, la circulation des Hommes peut poser de graves problèmes de société, et, dans notre pays, la non-intégration d’une partie de la population d’origine étrangère se traduit objectivement, déjà, par une recrudescence de faits délictueux, qui vont des crimes aux incivilités, et qui mobilisent aussi bien policiers et gendarmes que les acteurs de la chaîne pénale, du juge d’instruction au gardien de prison.
Soyons clair: les attaques au couteau, les viols, les agressions, les cambriolages… ne sont pas le fait de la seule population immigrée, loin de là, mais les statistiques, quand on en dispose, confirment que cette catégorie de la population résidente en France est sensiblement et proportionnellement plus criminogène.
"Comment vont évoluer, dans les trente années à venir, les courants migratoires qui touchent la France?" est donc une question importante.
1- Une immigration d’origine sub-saharienne va venir se «déverser» en Europe.
Se pencher sur les chiffres des prévisions démographiques de la seule Afrique peut donner le vertige :
D’ici à 2050, la population de ce continent – distant de moins de 800 kilomètres du nôtre – va passer de moins d’un milliard à plus de deux milliards d’individus, puis à quelque quatre milliards à la fin de ce siècle.
Compte tenu de cette explosion démographique, peu de pays de cette zone pourront maintenir leur niveau actuel de pouvoir d’achat, et la dépendance alimentaire, encore accentuée par le dérèglement climatique, va partout augmenter.
Les flux de migration de l’Afrique vers l’Europe vont donc fatalement et fortement augmenter. Mais difficile de savoir de combien… Dans un livre retentissant paru en 2018, La Ruée vers l’Europe, Stephen Smith, universitaire et ancien journaliste à Libération, de réputation «tiers-mondiste», a pu dire qu’il fallait s’attendre à ce que l’Europe (qui compte actuellement 10 à 12 millions d’émigrés africains, Afrique du Nord comprise) «comptera dans trente ans entre 150 et 200 millions d’Afro-Européens», soit une multiplication par quinze!
Pour d’autres auteurs, présenter l’Afrique comme une "salle d’attente de 1,3 milliard d’habitants aux portes de l’Europe" (sic) est plus qu’une simple exagération rhétorique: c’est une affirmation sans fondement. Ceux-là disent: «on peut s’attendre, à l’horizon de 2050, à des flux de migrants venus d’Afrique doublés ou triplés, compris entre 1,5 et 3,5 millions de personnes par an». Et la plupart de ces migrants seront des demandeurs d’asile, compte tenu des politiques migratoires restrictives menées un peu partout en Europe…
Ce tableau serait incomplet sans le constat d’une instabilité politique croissante, dans un contexte de guerres civiles et djihadistes, qui amènent au pouvoir des juntes militaires. Lesquelles, pensant d’abord à leur sécurité personnelle, font appelle à la force militaire privée russe Wagner, déjà installée en République de Centrafrique (RCA), au Mali et maintenant au Burkina-Faso. Ce qui ne manquera pas de se traduire par de nouvelles pressions migratoires, vers l’Europe et la France principalement…
2- Rien ne pourra la freiner, mais il faudra la gérer
- On peut alors avancer que ces millions de demandeurs d’asile seront pour la plupart déboutés, mais ils resteront clandestinement sur nos territoires. C’est ce qui se passe actuellement, et c’est sans doute ce qui continuera de se passer encore longtemps…
Les seuls pays qui, dans l’histoire, sont parvenus à maîtriser les flux migratoires, voire à les empêcher, sont à gouvernement totalitaire. Les démocraties ne savent pas faire ça…
- Sans doute, une politique de gestion et de contrôle de l’immigration à l’échelle de l’Union Européenne serait-elle souhaitable. Depuis septembre 2020, la Commission de Bruxelles a bien proposé une uniformisation des règles du droit d’asile, mais même ce dossier, très partiel, n’a pas encore abouti…
Chaque pays, dont la France, devra donc mener sa politique propre, comme c’est le cas depuis ces dix dernières années.
3- Les politiques publiques doivent s’y préparer
En France, toute réflexion sereine sur les questions touchant à l’immigration a été rendue impossible, au niveau du débat public, par le fait qu’un parti, le Front/Rassemblement national en avait fait son cheval de bataille électoral. Les autres partis politiques, coalisés contre lui, lui ont donc laissé le champ libre, avec les résultats qu’on a vu en 2022. Bravo messieurs les stratèges de tout poil!…
Emmanuel Macron et Gérald Darmanin ont décidé d’ouvrir ce débat au niveau du Parlement avec un projet de loi «Pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration».
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A ce jour, le gouvernement est dans l’attente de l’avis «consultatif» du Conseil d’Etat, qui a reçu le texte du gouvernement le 20 décembre.
Il est prévu que le texte passe au Conseil des ministres du 1er février. Puis, dans l’ordre, qu’il soit examiné au Sénat et à l’Assemblée nationale, pour une adoption définitive fin mai, début juin.
Dans sa version disponible à ce jour, les cinq premiers titres laissent transparaître les bonnes volontés du législateur :
Titre I. Assurer une meilleure intégration des étrangers par le travail et la langue.
Titre II. Améliorer le dispositif d’éloignement des étrangers représentant une menace pour l’ordre public.
Titre III. Sanctionner l’exploitation des migrants et contrôler les frontières.
Titre IV. Engager une réforme structurelle du système de l’asile.
Titre V. Simplifier les règles du contentieux « étranger ».
Le problème de toutes les lois à caractère sociétal est évidemment de passer des intentions aux actes et à la pratique, sur le terrain.
Le dossier de presse distribué début décembre 2022 ne comportait aucun élément de perspectives chiffrées sur les flux attendus. C’est pourtant essentiel…
Voici trois propositions :
Pousser les politiques d’intégration, par l’acquisition de la langue et de la culture civique (connaissance de l’hymne national, par exemple), et historique (quelques dates significatives), en confiant ce soin aux collectivités locales (comme en Belgique).
Mieux surveiller nos frontières, et tous les points d’entrée en France, outre-mer compris, en collaboration avec Frontex, sans jamais se dessaisir de cette responsabilité. Ce qui n’empêchera pas les clandestins (touristes ou étudiants qui restent sur notre territoire après expiration de leurs visas…), mais ce qui limitera les phénomènes et permettra de les gérer.
Revoir l’organisation de la Police nationale afin de mieux la territorialiser, en pratiquant, enfin, une vraie police de proximité, avec des postes de police plus décentralisés (alors qu’on n’a pas cessé de fermer des commissariats…), s’appuyant sur des polices municipales résidentielles, composées d’agents domiciliés sur place et mobilisables.
S’agissant de la sécurité, il nous faut à la fois de bons services centraux (antiterrorisme, renseignement, grand banditisme…) et des services très décentralisés, en application du principe de subsidiarité.
Alain Dumait
Trois infos
🟥 La Lopmi validée quasi intégralement par le Conseil constitutionnel
🟥 Le général (2S) Patrick Touron visé par une enquête préliminaire pour harcèlement moral
🟥 Un timbre Arnaud Beltrame pour les cinq ans de sa mort
Trois autres divers faits :
🟥 Ardèche: un motocycliste de la Gendarmerie décède dans un accident. Le ministre de l'intérieur était présent à la cérémonie de son enterrement ce jeudi 26 janvier.
🟥 Dans le Loiret, tentative de meurtre sur un gendarme qui promenait son chien.
🟥 Mercredi 25 janvier au matin, à l'occasion de ses vœux aux agents du ministère de l'Intérieur, Gérald Darmanin a annoncé que "400.000" des interventions des policiers et gendarmes menées en 2022 avaient concerné des violences conjugales.
A lire aussi :
🟥 Des élèves de l’école de Gendarmerie de Dijon en hypothermie lors d’un exercice nocturne
🟥 Pendant plus de trois heures ce mardi 24 janvier après-midi, un exercice réunissant plus de 600 personnes a simulé l’attaque de trois terroristes au stade Geoffroy-Guichard.
🟥 La Gendarmerie va recevoir 11 nouvelles Alpine A110.
La plus cocasse :
🟥 Charente-Maritime : sous bracelet électronique, il évite la herse des gendarmes et s’embourbe dans un champ.
