Kessel

La police de proximité fait l'unanimité !

Chaque jour, l'idée d'une vraie police de proximité, présente partout et visible sur l'espace public (thème principal de cette publication) progresse dans les faits, et les demandes des citoyens et des élus. Nos dirigeants commencent (peut-être...) à le découvrir. Témoignage et illustrations.

Vous avez déjà reçu hier le brouillon de cette publication. La voici, corrigée et complétée…. (Désolé pour cette fausse manoeuvre )

Nous sommes le jeudi 20 avril 2023. Vous lisez le numéro 50 de notre publication hebdomadaire “La Sécurité est un Droit - Rue Bleue” (0,75€ l’exemplaire) : parce que vous figurez sur notre fichier d’envois. Si vous êtes déjà abonné, vous la recevez sur votre boîte de messagerie chaque jeudi. Si vous ne l’êtes pas encore, c’est le moment de le faire ! C’est ici, en vous déconnectant préalablement…  (Vous pouvez aussi, bien sûr, vous désinscrire…). Tous nos précédentes livraisons sont sur Kessel

Fin 2021, après 5.000 autres communes, la ville de Paris s'est dotée d'une police municipale. Il a donc fallu quarante ans pour que cette proposition, alors refusée unanimement (l'Etat, le Préfet de police, le maire de Paris, la majorité des élus toutes couleurs confondues), chemine, mûrisse et aboutisse...Fin 2021, après 5.000 autres communes, la ville de Paris s'est dotée d'une police municipale. Il a donc fallu quarante ans pour que cette proposition, alors refusée unanimement (l'Etat, le Préfet de police, le maire de Paris, la majorité des élus toutes couleurs confondues), chemine, mûrisse et aboutisse...

1) Pour commencer, un témoignage personnel…En 1983, je fus élu maire d’un arrondissement de Paris, le deuxième, qui comporte à la fois la rue de la Paix, et la rue Saint Denis, à l’époque dans sa partie la plus prostitutionnelle, avec quelque 2.000 femmes racolant nuit et jour sur l’espace public. La population, essentiellement modeste et familiale, n’en pouvait plus de supporter les nuisances qu’on imagine, jusque dans les escaliers des immeubles d’habitation…
La police surveillait : elle était là pour verbaliser et dresser des contraventions, tous les jours. Sans effet visible. J’allais voir le Préfet de police de Paris, au moins deux fois par mois. Il s’engageait à réprimer et à sévir, au titre du racolage “actif”, du proxénétisme ou de l’application du règlement départemental sanitaire de Paris. Mais il ne voulait rien entendre s’agissant de faire patrouiller des personnels en tenue. “Vous n’y pensez pas, monsieur le maire ?! “…. Priorité à la police judiciaire du quartier, pour verbaliser et enquêter. Mais pas de présence visible, qui seule, pourtant, aurait sans doute découragé un grand nombre de “clients”.
(Le résultat a été largement obtenu par le biais d’une opération de valorisation de l’espace public, financé par la Ville : “Le Quartier Montorgueil-Saint-Denis”, pour lequel, fin 1987, à l’issue d’une longue concertation avec la population, j’ai obtenu l’accord du Maire de l’époque, un certain Jacques Chirac…).

En 2012, je rachète L’Essor de la Gendarmerie. Je me familiarise avec la cellule de base de cette Arme qui est, depuis 300 ans, la brigade de Gendarmerie. Modèle à mes yeux de la police de proximité, présente, visible et familière pour 56% de la population (95% du territoire). En 2021, je donne à cette publication la mission de promouvoir le concept d’une vraie police de proximité, sur le modèle éventuellement adapté de nos 3.200 brigades.

2) Pas un jour sans que la demande de police de proximité s’exprime et progresse.
- D’abord, il y a le phénomène du développement des polices municipales. Même les élus réticents y viennent. Plus de 5.000 maires ont déjà franchi le pas. Et ces polices sont de plus en plus souvent équipées d’armes létales, avec des compétences élargies, et des effectifs chaque année plus nombreux : plus de 25.000 au total, et des problèmes de recrutement…
- L’opération “200 nouvelles brigades” lancée en janvier 2022 par le candidat Emmanuel Macron a connu un grand succès, puisque, en attendant la publication de la liste de ces créations, on sait que plus de 500 communes ont candidaté et transmis leurs dossiers au ministère de l’Intérieur, via les préfets. Or, si ce sont les ressources budgétaires de l’Etat qui financent les personnels et les équipements, ce sont les collectivités locales, presque exclusivement, qui financent le foncier et l’immobilier. Pour le budget des maires, et de leurs contribuables, ce n’est pas gratuit !
- Il faut dire que depuis 50 ans, la Police nationale s’est focalisée sur les interventions, les interpellations et les enquêtes, abandonnant peu à peu la surveillance visible de terrain.
À Paris, par exemple, autrefois, les agents de police, héritiers des sergents de ville, étaient présents aux carrefours, aux sorties d’école, et, deux par deux, à pied ou en vélo, sur tout l’espace public…
Feux de signalisation et radars n’ont pas remplacé cette présence, bientôt contestée par les syndicats eux-mêmes, les personnels disant être déjà trop occupés par la paperasse, les procédures, les enquêtes et les investigations… Mais, depuis quarante ans, la Police nationale a laissé partout à ses collègues municipaux le champ libre de la surveillance et de la présence avec la bénédiction des plus hautes autorités.

3) C’est donc aux maires, aux élus locaux, avec la population, les comités et les associations de quartier de prendre les choses en mains.Et c’est ce qui se passe ! Si l’on veut bien prendre un peu de distance, et regarder l’évolution du paysage depuis quelques dizaines d’années, le vent souffle dans les voiles de la police de proximité, sous ses différentes formes.
On m’objectera, évidemment, qu’une telle police de proximité, visible et patrouillant paisiblement sur l’espace public, n’est pas imaginable dans les quartiers qualifiés de “difficiles” (officiellement 751 “zones urbaines sensibles”, où vivent 7 à 8% de la population !…). Pour paraphraser Mark Twain, “c’est justement parce qu’on dit que c’est impossible qu’il faut le faire” !
Il y a bien des alternatives : comme la destruction des grands ensembles criminogènes ; le relogement des populations pour les installer dans des quartiers mieux surveillés… Mais la meilleure solution, la plus simple et la plus rapide, est la reconquête de tous ces quartiers. Avec des policiers ou des gendarmes, présents sur place. Avec des accompagnements individualisés. Avec des commandants déterminés.
Depuis 20 ans, on estime que la politique de la ville a coûté à l’Etat, aux collectivités locales et aux bailleurs sociaux quelque 40 milliards d’euros. Avec une grande oubliée : la police de proximité, avec des postes ou des brigades, avec des personnels et des équipements et, surtout, avec une volonté d’acier.
Quarante milliards d’euros ! C’est deux fois, sur la période, le budget annuel du ministère de l’Intérieur…
On s’est trompé de priorité ! Avant de repeindre les escaliers et de réparer les ascenseurs, il faut pouvoir patrouiller et rétablir l’ordre, partout…
Quel président en a fait la priorité absolue de son mandat ? Poser la question c’est y répondre.

L'information de la semaine :

🟥 GRAND DÉBAT NATIONAL. Les milliers de rassemblements et de manifestations pour la contestation de la réforme des retraites se sont traduits par une mobilisation exceptionnelle des forces de maintien de l’ordre, avec des saccages, mais aussi des blessés en grand nombre, du côté des manifestants, comme de celui des gendarmes et des policiers, en charge de l’éloignement des éléments violents. Leurs actions viennent d’être jugés souvent « excessives » par la Défenseure des droits. Le ministre de l’Intérieur s’en est pris à la vénérable Ligue des droits de l’homme, la gauche a dénoncé les « Brav-M » du préfet de police et, simultanément, les quads des gendarmes mobiles à Sainte-Soline. Après la crise des Gilets jaunes, l’adoption du schéma national du maintien de l’ordre devait apaiser les tensions. Les modalités du maintien de l’ordre en France sont pourtant redevenues un débat politique national.

C'est donc la question de la semaine:

  • "Diriez-vous que récemment, lors des affrontements avec des manifestants venus pour en découdre, les forces de l'ordre ont parfois fait preuve de "violence excessive" ?
    OUI, NON, NE SAIS PAS…
    Pour répondre et commenter,
    c'est ici.

Réponse à la question de la semaine dernière

"Le président de la République devait-il, ou non, selon vous, promulguer la loi sur la réforme des retraites, après la décision du Conseil constitutionnel le 14 avril ? - : OUI et NON à égalité (36% chacun ; "Ne sais pas" 28%). Mais résultat peu significatif du fait du faible nombre de réponses, dû à l'absence de lien sur cette publication…

La plus grave:

🟥Les démissions, en Gendarmerie et en Police sont de plus en plus nombreuses et, désormais, à peine compensées par l'abaissement des niveaux des concours d'entrée, selon un rapport d'exécution de la Cour des comptes sur l'exécution de la Loi de finances pour 2022 paru le 13 avril (pages 42 et suivantes de ce document).

Actualité des brigades de Gendarmerie :

🟥 Une nouvelle brigade inaugurée près de Pornic (Loire-Atlantique). Reportage de L' ESSOR

Actualité des polices municipales :

🟥 Montpellier. Une intervention de contrôle de SDF installés sur le parvis de l'église Saint-Roch a tourné au vinaigre mardi 18 avril.

🟥 Villeurbanne. Depuis le début du mois d'avril, 19 agents de surveillance de la voie publique (ASVP) ont été formés pour constituer une "brigade du cadre de vie". L'objectif est de lutter contre les "incivilités et autres 'irritants' du quotidien." En 2021, un poste de police mobile avait été mis en place pour faciliter l'intervention des équipages de police de proximité. Cette fois, cette brigade aura pour charge de veiller au confort des habitants en prévenant les désagréments du quotidien.

🟥 Bourges. Chaque jour, les 41 policiers municipaux de Bourges sillonnent la ville et ses quartiers pour répondre à de nombreuses missions avec, comme fil rouge, une proximité voulue avec les habitants et acteurs du territoire.

Deux autres informations :

🟥 Guyane. Dans la forêt guyanaise, la traque continue avec deux nouvelles interpellations au sein de la bande brésilienne de racketteurs d'orpailleurs clandestins à laquelle appartenait le suspect du meurtre du gendame Arnaud Blanc, major de l’antenne GIGN de Cayenne. 

🟥 EOGN de Melun. Plus de 700 gendarmes ont été mobilisés dans le cadre d'un exercice grandeur nature mené en Seine-et-Marne, sous l'égide de l'Ecole des officiers de la Gendarmerie nationale, sise à Melun. Même les habitants ont apporté leur contribution, sans le savoir…

La plus triste :

🟥 Meaux (Seine-et-Marne). L’adjudant-chef Nicolas Mory, affectée à la brigade de recherches de Meaux, est décédé le 31 mars 2023 suite à un malaise cardiaque, à son domicile, où il était de permanence en tant qu'officier de police judiciaire (OPJ), comme on l'a appris le 15 avril. Il comptait 21 années de service, était pacsé et père de trois enfants.

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"La Sécurité est un droit (Rue Bleue)"

Par nicolas leregle

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